Etre ou ne pas être... son problème

Nous avons tous un « problème » central qui nous gâche la vie. Un truc qui ne va pas chez nous, qui nous dépasse, qui prend de la place (trop) à nos yeux. Quelque chose en nous qui semble nous empêcher d’agir comme on le voudrait, de devenir qui on aimerait être, d’aller là où l’on souhaite se diriger, de concrétiser nos envies.



C’est ce qui se cache à peine dans les histoires qu’on se raconte à soi-même ou qu’on partage avec d’autres dans une phrase commencée par « si je n’étais pas… » et qui se poursuit par « je pourrais… »

C’est aussi un jugement catégorique et à tonalité défaitiste que nous énonçons à notre encontre, intériorisé suite aux remarques reçues du monde extérieur ou savamment élaboré au fil du temps comme croyance éternelle. Ou les deux à la fois.

Quelques exemples :

« je suis quelqu’un de trop stressé au boulot et ne maîtrise pas mes émotions »

« je suis control freak avec mes collaborateurs et ne parviens pas à déléguer »

« je suis de nature discrète et je m’en veux de ne rien dire en réunion »

« je suis tellement indécis.e que je n’arrive pas à choisir ma voie »…

Avez-vous remarqué notre tendance à brandir ces jugements comme des étendards de notre identité, malgré leur caractère limitant ou nuisible ? A quel point ils nous servent d’explication logique ou d’alibi justifiant que nous ne puissions pas accéder à certaines opportunités ?

Si vous prenez pour argent comptant ce type de jugements sans jamais les mettre à distance, vous vous condamnez à vivre sous leur joug et à vous éloigner de vos objectifs les plus chers.

Et si nous imaginions une alternative plus réjouissante ? En opérant un virage à 180° dans la façon d’appréhender votre « problème », vous serez en mesure de redéfinir l’expérience que vous en avez et de vous détacher de lui afin de réduire son influence sur vos actions.

Le point de départ de notre basculement : il est tentant de s'identifier et se confondre avec son « problème, d’adhérer à l’idée que nous faisons corps avec lui, que nous sommes soudés et donc indissociables l’un de l’autre.

Sauf qu’à aucun moment, votre « problème » n’a été inclus dans le package global de votre identité, à moins que vous n’y ayez d’une façon ou d’une autre consenti. En tout état de cause, s’il a le pouvoir de vous affecter, il n’a pas celui de vous définir.

Vous avez le droit et la responsabilité de réaliser qu’il n’est pas vous, ni votre équivalent ni votre dénominateur. D’admettre qu’il ne fait tout simplement pas partie de vous en tant qu’individu, qu’il ne vous appartient pas et réciproquement. De reconnaître qu’il est autre chose, qu’il est extérieur à vous.

Vous avez la possibilité de l’envisager comme ayant son existence propre, au même titre qu’une personne ou une entité distincte de vous.

Si vous êtes d’accord pour adopter cette nouvelle façon de voir les choses, bienvenue dans un monde parallèle où vous pouvez à loisir l’observer, le jauger, le neutraliser, ce fameux « problème » qui vous retient de… (à vous de compléter :)).

Concrètement, de là où vous êtes, représentez-le vous comme une personne / un personnage / une entité à part entière, que vous pouvez regarder en face tel qu’il/elle se montre à vous, dissocié.e de vous.

Que voyez-vous alors ?

Les questions suivantes vous aideront à décrire sa présence.

Vous pouvez énoncer vos réponses à voix haute, les écrire, les dessiner. Suivez votre instinct pour dresser le portrait-robot de votre « problème ».

  • Où se situe-t-il physiquement par rapport à vous ?

- Est-il loin ou près de vous ? A-t-il tendance à se déplacer ?

- Est-il assis sur une chaise ? Roulé en boule à vos pieds ? Tout petit sur votre épaule gauche ? …

- Semble-t-il seul ou entouré ? …

  • A quoi ressemble-t-il ?

- Il a sûrement une forme, des dimensions ou une taille : comment le décririez-vous ?

- Scrutez son attitude, ses manières de se tenir, de se comporter s’il en a : quelles sont ses particularités ?

- Si vous le voyez comme une personne, peut-être a-t-il des vêtements , un style bien à lui : lequel ?

- Il est aussi tout à fait possible qu’il ait une ou des couleurs dominantes, une odeur, une voix… : quels détails vous frappent ?

  • Vous parle-t-il ?

- Si oui, que vous dit-il et sur quel ton ?

- Quel est l’effet produit sur vous ?

- Que vous pousse-t-il à faire et qui vous dérange ?

Cette observation à la fois attentive et spontanée devrait vous donner une idée assez nette de l’aspect que revêt votre « problème » et de la façon dont il aime se manifester dans votre vie.

A ce stade, si vous suivez ce fil, vous pouvez parvenir à percevoir quelles sont ses intentions quand il vous rend visite, ce qu’il cherche à vous empêcher de faire et pour quelles raisons… Si vous y réfléchissez bien, vous constaterez qu’il use de ses propres stratégies pour contrer vos plans de réussite.

Maintenant que vous savez à quoi il ressemble et ce qu’il cherche à obtenir de vous, sauriez-vous lui attribuer un nom ?

Par exemple, pour une personne dont le « problème » serait « je suis quelqu’un de stressé au boulot », cela pourrait être simplement « le Stress », mais aussi « le gros nuage noir », « la machine à paniquer », « le fil du rasoir » ou encore tout un tas d’autres possibilités.

Pour quelqu’un dont le « problème » serait « je suis control freak avec mes collaborateurs », il pourrait être baptisé « le Contrôle » tout comme « serre la vis », « la Kommandantur », « tout maîtriser », etc…

Chacun trouvera les mots justes et évocateurs pour nommer ce contre quoi il entre en résistance si fréquemment.

Si vous êtes prêts à continuer sur cette voie, osons nous aventurer un peu plus loin.


Puisque votre « problème » n'est pas vous, ce n’est pas lui en tant que tel qui vous entrave. Ce qui vous bloque est la teneur de la relation qui existe entre lui et vous, et l’impact de celle-ci dans votre vie.

Vous suivez toujours ?

Dit autrement : votre « problème » en tant que tel est neutre. A l’instar d’une relation avec nos proches, ce qui crée des nœuds ou des rancœurs, c’est ce qui se passe ENTRE les personnes, les comportements qu’elles s’opposent, et non ce qu’elles SONT intrinsèquement. Nous avons chacun notre part de responsabilité dans la dynamique d’une relation, ce qui implique dans le même temps le plein emploi de notre volonté : en effet, libre à nous de choisir comment nous agissons et ce que nous injectons dans les rouages de la mécanique relationnelle.

Si on en revient maintenant au « problème » : seriez-vous en mesure de caractériser la relation qui vous unit à lui ? Si oui, quels mots exacts utiliseriez-vous ?

Dans le cas de la personne qui aurait une relation avec « le Stress », elle pourrait par exemple parler d’un lien « envahissant » ou « disproportionné » ou encore « toxique ».

Pour celui/celle qui entretiendrait une connexion avec « le Contrôle », il/elle pourrait évoquer une relation de « soumission », « impétueuse » ou encore faite de « coups de pression ».

Les termes qui vous viennent en tête peuvent aussi être imagés, par exemple « c’est comme si un pilote fou prenait les commandes » ou « c’est les montagnes russes entre nous ». Autorisez-vous à être honnête et optez pour le vocabulaire le plus naturel pour vous.

Si vous le voulez bien (et si vous en voulez encore !), poussons encore d’un cran la réflexion sur votre nouveau rapport à votre « problème ».

Quelle serait la forme ou la nature de la relation que vous aimeriez avoir avec votre "problème" ?

Si certains voudront la rompre purement et simplement, d’autres chercheront un équilibre, quand d’autres encore souhaiteront une présence plus apaisée ou moins récurrente… A vous de vous positionner dans cette histoire et de faire appel à d’autres parties de vous réduites jusqu’alors au silence pour renégocier votre relation avec votre « problème » comme elle vous conviendrait le mieux aujourd'hui.




Vous êtes à présent conscient de votre marge de manœuvre potentielle, alors pourquoi ne pas effectuer un autre petit pas en vue d’ancrer ce changement de perspective ?

Demandez-vous à tête reposée ce que vous pouvez faire les prochaines fois que votre « problème » frappe à votre porte et qu’il essaie de vous pousser à agir comme lui l’entend, et non vous.


Quelles ressources pouvez-vous convoquer pour expérimenter la nouvelle relation que vous souhaitez initier avec lui ?

Terminons sur une note d’espoir et de vitalité : il y a de nombreux moments dans votre vie où le « problème » ne s’invite pas et où vous ne lui accordez aucun intérêt… et ce sans le remarquer et sans faire d’efforts. Prêtez-y attention, ces événements sont précieux car ils en disent long sur vos envies profondes, vos forces en présence ainsi que sur vos atouts les plus puissants pour l’empêcher lui d’atteindre ses objectifs. Chacun son tour !

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